Les dépôts sauvages dans la nature. Invité Christophe Morgo

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France Bleu Hérault, L'invité de 7h50 du
22/04/2016.

Invité : Christophe Morgo.
Sujet : Les dépôts sauvages dans la nature.
Journaliste : Lucas Waldemeir.

Mais tout d'abord on évoque ce sujet d'actualité, c'est la journée de la terre aujourd'hui 22 avril et on a choisi ce matin de parler des déchets laissés dans la nature. Les dépôts sauvages sont une vraie plaie dans l'Hérault. La lutte contre ces mauvais comportements c'est l'une des missions du maire de Villeveyrac. Christophe Morgo, conseiller départemental, vice-président en charge de l'environnement est notre invité ce matin sur FBH. Il répond à Lucas Waldemeir. Christophe Morgo bonjour.

« Bonjour. »

Concernant les dépôts sauvages est-ce qu'on peut parler de fléau dans le département ?

« Oui c'est vraiment... c'est un fléau sachant qu'on est un département un peu... certaines parties de ce département sont très fragiles notamment les plans d'eau que ce soit ici sur le territoire de Thau ou ailleurs comme le Salagou notamment, et de nombreux cours d'eaux importants. »

Qu'est-ce qu'on retrouve sur le bord des routes, dans les rivières, dans les forêts généralement ?

« Alors en bord de routes c'est des petits déchets, des déchets essentiellement en matière plastique, des mégots de cigarette, des chewing-gum, par contre dans les lieux un peu plus isolés c'est des dépôts beaucoup plus importants et imposants, notamment des gravas, des gazinières, des lavevaisselles, des machines à laver. Donc il y a les gardes ici, les gardes champêtres qui interviennent pour constater le dépôt. Soit ils arrivent à retrouver les adresses donc la personne est poursuivie, sinon ils demandent aux services techniques de la commune où se trouve ce déchet d'intervenir pour l'enlever et l'amener à la déchetterie. »

Alors justement peut-être vous pouvez nous rappeler la mission de ces gardes champêtres ?

« Alors ces gardes champêtres interviennent sur les 6 communes de l'intercommunalité, donc moi concernant Villeveyrac en tant que maire ils interviennent sur toute la commune quand ils veulent, le jour ou la nuit. Et ensuite donc... on a un document à remplir pour qu'ils puissent intervenir sur des lieux précis ou des missions précises. »

Et cette brigade de gardes champêtres bon qui est mise en place dans cette communauté de communes du nord du bassin de Thau, est-ce que ça marche ?

« Ca fonctionne très bien sachant qu'ils sont limités aux 6 communes et moi j'aimerais qu'ils puissent le faire à l'échelle des 14 communes du pourtour de l'étang de Thau. »

Concrètement qu'est-ce qu'on risque à déposer tous ces déchets dans la nature ?

« Alors je comprends pas là ces incivilités parce que il y a des déchetteries qui sont ouvertes tous les jours de la semaine, même le dimanche, et c'est gratuit. Alors on trouve des dépôts à proximité des déchetteries parce,gue peut-être ils viennent la nuit ou quand les... aux horaires de... quand la déchetterie est fermée, malheureusement, mais ils pourraient attendre le lendemain. Sachant que c'est ouvert tous les jours. Donc c'est inadmissible. Alors on le voit aussi devant les... les containers à verre par exemple ils ont peut-être pas la force je sais pas la volonté de mettre la bouteille dans le container, ils préfèrent laisser le carton avec les bouteilles au pied du container. Et ça c'est inadmissible. »

Mais concrètement ces personnes là qu'est-ce qu'elles risquent ?

« Elles risquent une amende. Mais autant faut-il les attraper et constater le délit. C'est une amende... alors je sais pas, c'est 135 euros... Mais c'est insuffisant ! Il faudrait les sanctionner avec des sommes beaucoup plus importantes. »

Soyons honnêtes c'est encore très rare finalement de voir quelqu'un se faire verbaliser pour de bon.

« Il faut l'attraper sur le fait déjà, ou trouver une adresse quand il y a un dépôt sauvage. C'est compliqué mais on y arrive. »

Alors il y a les personnes comme vous et moi mais il y a aussi les entreprises, et certaines ne se gênent pas pour jeter du matériel en pleine nature, tout ça pour ne pas payer de taxes. Alors qu'est-ce qu'on peut faire concrètement contre ça ?

« Concernant les entrepreneurs donc, c'est vrai qu'on trouve ça et là des dépôts de gravas essentiellement, ou de dépollution de bâtiments. On est démuni par rapport à ça sachant qu'il y a des déchetteries ou des lieux adaptés pour recevoir ce genre de gravas. Et le particulier sur sa facture donc c'est bien noté... il y a une participation pour évacuer ces gravas et les recycler. »

Christophe Morgo en cette journée de la terre comment inciter pour de bon les gens à ne pas jeter n'importe quoi n'importe où ? Comment faire passer le message pour de bon finalement ?

« Alors le message... on essaye de le faire, nous, il y a des photos chocs pour sensibiliser un peu tous ces citoyens. Moi là je pense là où il faudrait travailler c'est au niveau des scolaires, à partir du CP il faudrait que régulièrement, au moins une fois ou deux par semaine, les enseignants puissent expliquer aux jeunes donc l'intérêt de trier, de pas jeter n'importe où et je pense que c'est ces enfants qui pourraient éduquer leurs parents. Peut-être parce qu'il y a des générations qui n'ont pas eu cette éducation. Mais c'est peutêtre aussi aux services de l'état notamment de Madame la ministre de l'éducation à pouvoir demander aux enseignants d'éduquer ces enfants par rapport à cet environnement. Qui nous est très cher notamment ici.»

Christophe Morgo merci beaucoup.

« Merci. »

Passez une bonne journée.