C'est l'un des chanteurs les plus connus du folksong américain des années 70. Il n’a rien perdu de sa fibre contestataire et réunit dans ses concerts un public de plusieurs générations.  

Du haut de ses 87 printemps, mais toujours un peu adolescent,  il poursuit avec une force singulière sont parcours de chanteur engagé. Graeme Allwright, né en Nouvelle-Zélande, est une véritable légende. Ses balades à la fois poétiques et contestataires font partie du patrimoine de la chanson française. Des airs qui ont traversé les générations, et qui sont un hymne à l’amour la paix et la liberté. Sur des mélodies à la fois folk, blues ou country, il a adapté de nombreuses chansons de Léonard Cohen qu’il a contribué à révéler au public français, dénonçant les injustices et le conformisme. Un éternel jeune poète qui commence son tour de chant par une version personnelle et pacifique de la Marseillaise ! Il sera en concert le mardi 3 février à 20 h au théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone… avec toujours une sacrée bouteille !

En savoir plus : http://www.theatre-maguelone.fr/

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A 87 ans, vous êtes toujours un peu ado. Continuer à chanter, c’est une forme de résistance ?
Oui, mais c’est aussi une hygiène de vie ! Je ne tiens pas à porter un message particulier, mais à donner de l’espoir. Dans un monde matérialiste, difficile et douloureux, j’essaie d’apporter dans mes chansons quelque chose de positif. Avec le chaos qui règne sur cette planète que l’on saccage, si je n’avais pas la musique, je serais assez désespéré ! On est en train de tout casser, et je crois que la prochaine étape pour l’humanité après toute cette douleur sera spirituelle.

La spiritualité fait partie de votre force, elle s’est nourri aussi de vos voyages et de vos rencontres ?
C’est vrai, j’ai beaucoup parcouru le monde. Quand j’ai commencé à avoir du succès dans les années 70, ça ne m’intéressait pas. Ma liberté était plus importante. Alors je suis parti. C’était une quête un peu spirituelle. Mais que ce soit dans l’Himalaya, en Inde ou à la Réunion, j’ai partagé la vie des gens. Parfois j’ai soutenu des actions humanitaires à ma hauteur, dans une petite mesure, et collaboré avec Médecins sans Frontières. C’était important pour moi d’être utile.

Vous êtes d’origine de Nouvelle Zélande, et c’est à Paris que vous avez fait carrière. C’est là que vous avez choisi de vivre aujourd’hui ?
Oui, je suis un globe-trotter de la musique. C’est à Paris que j’ai fait ma carrière de chanteur que j’ai commencée tard,  à 40 ans ! J’ai demandé la nationalité française et j’ai fait des tournées un peu partout sur les scènes francophones. Mais je n’avais jamais chanté dans mon pays d’origine. Ce n’est qu’en 2006 – 2007 que j’y suis retourné pour une série de concerts. J’y tenais beaucoup et cela m’a ressourcé. Maintenant, je donne quelques concerts chaque mois, pour le plaisir, avec des amis musiciens réunionnais qui parcourent les routes avec moi. Mais je ne fais plus les tournées fatigantes comme par le passé. Je suis amusé de voir que mon public est constitué de trois générations, des parents aux enfants et même aux petits enfants ! C’est incroyable le nombre de fois que l’on me dit combien mes chansons continuent à avoir un impact sur la pensée des gens. Cela me surprend toujours.

Vous commencez vos concerts par une version personnelle de la Marseillaise ? Pourquoi ?
Absolument. La Marseillaise a été écrite en 1792 par Rouget de Lisle dans une période de guerre qui justifiait ces paroles pour galvaniser les troupes. Mais aujourd’hui il me paraît invraisemblable d’obliger les enfants des écoles à chanter des paroles si sanguinaires et belliqueuses. J’ai voulu transformer ce chant de guerre en chant de paix en gardant bien sûr la même mélodie et en enlevant le côté « marche de guerre ». Et mon public adhère complètement et le chante avec moi. Ce qui est un bel hommage au partage et à la paix !