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La 26e édition du Printemps des Comédiens vous livre ses secrets

Inventif, créatif, ouvert aux bruits du monde qui résonnent aujourd’hui, Le Printemps des Comédiens propose des spectacles où toutes les formes d’expression, musique, danse, théâtre, arts plastiques, se mêlent et s’entrechoquent.

L’an dernier la manifestation réunissait plus de 41 000 spectateurs. Une programmation riche et des intervenants de diverses origines artistiques et culturelles font le succès chaque année de ce festival. Cette année le 26e printemps des Comédiens se déroule du 5 juin au 1er juillet 2012 au Domaine d'O.

> Présentation du programme de l'édition 2012 par Jean varela, directeur du Printemps des Comédiens:

 


 

Interview de James Thierrée
« Une intimité forcenée avec le public »

Célèbre dans le monde entier, son spectacle La Symphonie du hanneton avait reçu quatre Molières en 2006. Avec Raoul, James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, ouvre en beauté le Printemps des Comédiens.

pdc2012-raoul-article.jpgPhoto : R. Haughton

Vous êtes issu d’une longue lignée d’artistes. Vos parents, Victoria Chaplin et  Jean-Baptiste Thierrée, ont inventé le Cirque Invisible. Comment vous êtes-vous construit dans cet univers ?
Le plateau, les costumes, les lumières, le public, sont ma première réalité. J’ai été nourri de l’aventure circassienne de mes parents. J’étais avec ma sœur embarqué dans leur aventure artistique et une vie de tournées. Mes premiers souvenirs, la vraie vie, étaient pour moi ancrés dans un monde intime où l’amour, la famille, le travail sont mêlés. J’ai toujours eu le sentiment que les choses se faisaient facilement, comme manger et dormir. J’apprenais l’acrobatie comme un jeu, comme on va en cour de récré ! J’ai vécu l’apprentissage dans le plaisir, avec l’amour de mes parents qui m’ont aussi transmis les valeurs de rigueur et de persévérance.

Au Domaine d’O, vous jouerez Raoul dans une configuration particulière ?
Oui, avec le Printemps des Comédiens, c’est la première fois que je vais jouer un de mes spectacles sous chapiteau. Et c’est pour moi une grande émotion, comme une rencontre amoureuse ! Revenir sous chapiteau me ramène à mon enfance, lorsque mes parents faisaient leurs tournées. Il y a l’odeur, des sensations fortes et uniques.
« Raoul » est un spectacle emblématique, un condensé du langage que j’ai développé ces dernières années.

Que pouvez-vous nous dire de ce personnage,  Raoul ?

Ce n’est pas un héros mythologique, mais c’est chacun d’entre nous. Il incarne l’immense paysage, profond, noir et lumineux que nous portons en nous. Sous la métaphore, il est dans sa solitude, un être avec ses désirs, ses peurs, ses rages et son combat dans la vie. Raoul parle aussi de moi et de mon passé. C’est le fruit d’un héritage artistique, l’aboutissement de la manière chaotique et personnelle dont j’ai conduit le travail qui a nourri mon imaginaire.

C’est un spectacle qui nécessite une mise en scène complexe ?
A la fois oui et non ! Chaque soir, le décor se déconstruit de façon violente. J’utilise très souvent des objets en suspens, ou en vol. Toutes les machineries que j’ai mises en place sont «faites maison ». Comme un jeu d’enfant, un lego, avec des systèmes de poids et contrepoids. Il y a un équilibre entre la simplicité innocente des mécanismes et la rigueur très pointue nécessaire à leur fonctionnement, au service de la fragilité. La plupart des accessoires sont confectionnés par ma mère avec beaucoup d’attention et d’amour qui mystérieusement se transmettent au public.

Vous jouez seul face au public, vous aimez ça ?
Depuis toujours le public m’est familier. Mais en étant seul, il y a comme un point d’orgue qui s’opère. Ca prend beaucoup de signification par rapport à tout mon parcours, avec une intimité forcenée avec le public, comme un moment de vérité sur ce qu’on a à donner en tant qu’interprète et créateur.